La stratégie du choc – Naomie Klein

Critiques:

Positives:

L’ouvrage a été considéré comme un des meilleurs livres de 2007 par The Village Voice, Publishers Weekly, The Observer, et The Seattle Times.

L’universitaire anglais John N. Gray estime dans une critique publiée dans The Guardian que : « Il y a très peu de livres qui nous aident vraiment à comprendre le présent. La Stratégie du choc est l’un de ces livres » [4].

Dans La Revue internationale des livres et des idées, Michael Hardt écrit que « d’une certaine manière, le livre prolonge son excellent article publié par Harper’s en 2004, « Baghdad Year Zero », qui est incorporé et développé ici [5]. »

Nuancées:

Plus nuancé est l’universitaire français Samuel Ferey [6] qui dans un compte rendu pour la revue Mondes en développement souligne que « l’intérêt de l’ouvrage réside d’abord sur les éléments factuels » et que nonobstant « le côté unilatéral de l’ouvrage » et « le caractère trop flou de certains concepts » conclut : « la lecture de La Stratégie du choc reste stimulante et donne incontestablement envie d’en savoir plus [7]. »

Négatives:

En revanche, selon Jonathan Chait pour le magazine américain The New Republic « l’amalgame permanent de Naomi Klein entre tous ses adversaires idéologiques au service d’une théorie monocausale du monde rend ultimement son analyse parfaitement absurde ». Naomi Klein verrait derrière les interventions armées américaines à l’étranger la mise en œuvre de la doctrine de Milton Friedman auquel est prêté l’idée qu’il faudrait créer un choc de façon à instituer les politiques économiques voulues. Or, selon Chait, Milton Friedman n’aurait jamais rien prôné de tel. Naomi Klein décrit la guerre en Irak comme l’apothéose de ses idées, avançant que les néoconservateurs sont des partisans engagés de Friedman. Or, si les néoconservateurs sont anticommunistes, ils n’en sont pas pour autant des partisans du libéralisme économique, et ils ont une opinion favorable du New Deal. De plus, selon Chait, Friedman ne se rattache pas aux néoconservateurs, promoteurs interventionnistes des valeurs et de la démocratie américaines, mais aux conservateurs libertariens, hostiles aux aventures à l’étranger et à l’intervention de l’État. Toujours selon Chait, Friedman lui-même s’est opposé à la guerre en Irak, ce que Naomi Klein ne rapporterait pas [8]. Au final, Jonathan Chait considère que Naomi Klein ignore les idées qu’elle critique alors même qu’elle leur attribue un rôle majeur à l’échelle mondiale. L’essayiste libéral Johan Norberg du Cato Institute abonde dans le même sens, reprochant en particulier à Naomi Klein des contresens sur les théories de Friedman et des interprétations volontairement fausses [9].

Naomi Klein a répondu à ces critiques en excipant d’un entretien de Milton Friedman à un magazine allemand pour montrer que celui-ci approuve la guerre en Irak. Ces citations sont : « President Bush only wanted war because anything else would have threatened the freedom and the prosperity of the USA », et à propos des tensions croissantes entre les États-Unis et l’Europe : « the end (mais dans la version allemande, c’est le mot « succès » qui est employé) justifies the means. As soon as we’re rid of Saddam, the political differences will also disappear. » Il a également déclaré au Wall Street Journal, à propos de cette guerre : « It seems to me very important that we make a success of it. » Pour Naomi Klein ces citations démontrent que Friedman est un partisan déclaré de la guerre en Irak [10].

Enfin, pour David Boaz, vice-président du Cato Institute, si Naomi Klein a raison de faire un lien entre « chocs » et évolution du rôle de l’État, il ne soutient pas sa définition de la nature de ce lien : pour lui, les crises sont l’occasion d’une augmentation du rôle de l’État et non du marché [11].

 Source: Wikipédia

friedmanlargeGeorges Bush et Milton Friedman

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